Que sont les peurs ? Il y a deux types de peurs. Le premier concerne la peur naturelle, la peur instinctive qui provient de notre cerveau reptilien. Ce cerveau serait âgé de plusieurs centaines de millions d’années. Cette peur nous aide, depuis la nuit des temps, à faire face à un danger immédiat comme prendre ses jambes à son cou si on se fait poursuivre par un fauve. Vous me direz, de nos jours les fauves ne courent pas les rues… quoi que – un peu d’humour cela fait du bien ! 🙂 – on dira donc que par exemple cette peur vous protège comme pour vous empêcher au dernier moment de traverser la rue alors qu’un camion déboule devant vous.

Le deuxième type fait référence aux peurs fabriquées par le mental. Vous savez ces peurs qui prennent la forme de pensées du type : “est-ce que je vais y arriver ?”, “si j’agis ainsi, les autres vont me juger”, “si je réponds ceci à cette personne, cela risque de lui déplaire”… Cela vous parle ? Mon petit doigt me dit que oui 😉 et bien sûr, une liste non exhaustive d’autres pensées similaires peut venir compléter les exemples que je viens de citer.

Lorsque ce brouhaha mental se met à plein volume, lorsque – comme dirait Serge Marquis (Serge Marquis, On est foutu on pense trop) – Pensouillard le hamster tourne à toute vitesse dans sa roue, quand la peur nous prend aux tripes…que faire alors ? Le premier réflexe auquel nous sommes habitués c’est de les confondre avec la réalité, c’est-à-dire de les prendre pour des vérités. On croit alors ces peurs sur parole car elles font partie des conditionnements, des croyances qui nous ont aidé à “survivre” depuis notre plus tendre enfance, nous permettant ainsi de rentrer dans le moule pour plaire aux autres et surtout pour éviter de déplaire aux autres….”Surtout ne pas faire d’esclandre !” 😉

L’erreur ici est de croire que de s’aimer soi-même et d’aimer les autres équivaut à chercher à leur plaire ou éviter de leur déplaire. Cependant au fond de vous, quelque chose d’autre vous fait ressentir comme un décalage avec qui vous êtes vraiment, cette essence en vous que vous sentez bien présente et qui ne demande qu’à s’exprimer librement, cette essence c’est vous-même ! C’est l’amour vrai 🙂 C’est s’aimer dans sa totalité et inconditionnellement quoi qu’en pensent ou en jugent les autres.

Pourtant par moment, les peurs reviennent, se font plus insistantes et créent de nouveau ce déséquilibre. En réalité ce qui fait souffrir ce ne sont pas les peurs en elles-mêmes, c’est la résistance que l’on met face à elles. En effet, plus je vais essayer de les contrôler, de les bloquer, plus elles vont s’amplifier et devenir imposantes. Au contraire, plus je vais essayer de les éviter, ne plus penser à elles…plus vite elles vont revenir au galop, encore plus frappantes. Je reviens donc à la question : “que faire alors ?

Plutôt que d’aller vers un extrême puis vers l’autre, il s’agit ici d’emprunter la voie du milieu 🙂 Les peurs reviennent et se manifestent car tout simplement elles n’ont pas été entendues et accueillies. Même si elles ne sont pas réelles et sont des créations de notre mental, elles sont en fait le reflet des parties blessées de notre enfant intérieur(e) et renvoient à l’insécurité qu’il/elle a pu ressentir à certains moments de sa vie.

Il s’agit là de goûter à cette nouvelle expérience : goûter l’instant présent c’est accepter de se laisser traverser par ses peurs. C’est de les accueillir en soi, de leur dire “Bienvenue !” 🙂 C’est leur accorder la place qu’elles réclament, leur droit d’exister. C’est s’accueillir et se cueillir telle une fleur remplie de beauté que l’on s’offrirait en cadeau. C’est leur donner de l’amour, les aimer autant que toutes les autres parties qui vous définissent. C’est de leur faire confiance. Elles ne vont pas rester là éternellement – le mental nous faisant croire le contraire – elles vont couler avec fluidité en vous, circuler, glisser telles les vagues de l’océan roulant avec force et venant ensuite caresser le rivage en douceur pour disparaître et ne faire qu’Un avec l’océan, avec le Grand Tout.

Faire confiance aussi que les peurs ne sont pas toi : “je ne suis pas mes peurs, je suis quelque chose de beaucoup plus vaste que cela“. Enfin les peurs sont des trésors te permettant de t’aimer plus profondément, de t’aimer sans conditions toi et les autres, d’être en paix avec toi-même, de te faire ressentir la grâce d’Être tout simplement. 🙂