Couple discutant et riant ensemble

Écouter ses besoins, s’accorder du temps, se faire passer avant les autres : est-ce une preuve d’égoïsme ?

Selon la croyance populaire, penser à soi avant de penser aux autres est synonyme d’égoïsme, d’un manque de considération vis à vis des autres. Durant notre enfance et notre éducation nous avons été formatés à répondre aux besoins des autres avant de répondre aux nôtres. Et si par mégarde nous osions satisfaire l’un de nos besoins sans même penser aux autres, nous pouvions alors être jugés d’égocentrés, de personnes qui ne pensent qu’à elles. Or cette fausse croyance issue de notre culture judéo-chrétienne, tend à culpabiliser autrui s’il ne fait pas passer les besoins des autres avant les siens. Il est alors vu comme une mauvaise personne.

Or il s’agit bien du contraire, car il s’agit ici d’être dans l’amour pour soi et dans l’amour pour l’autre, dans un respect mutuel. Il est plus que nécessaire de satisfaire nos propres besoins pour pouvoir ensuite être complètement disponibles et présents pour les autres. En effet, si je ressens un manque, que mes besoins ne sont pas comblés, comment être totalement là pour l’autre, comment être à même de pouvoir l’aider ? Je pourrai l’aider certes, mais pas dans un entier alignement avec mon coeur.

La définition populaire de l’égoïsme est donc erronée. Car à l’opposé, faire preuve d’égoïsme c’est attendre de l’autre qu’il comble mes propres besoins. C’est attendre de lui qu’il pense à moi avant de penser à lui. C’est donc lui demander de s’occuper de moi sans qu’il puisse être entièrement honnête avec lui-même. Ce n’est donc pas de l’amour.

Penser à soi avant de penser à l’autre c’est donc se défaire de ce conditionnement illusoire, qui nous éloigne de nous-mêmes, de notre authenticité. Cependant une fois le pas franchi et que je choisis de me faire passer en premier par rapport à l’autre, de me consacrer du temps et de ne pas répondre immédiatement à ses demandes, l’ancienne croyance populaire peut alors refaire surface à travers des pensées comme “si je ne réponds pas à sa demande, est-ce qu’il va bien le prendre ? Va-t-il penser que je ne lui accorde pas d’importance ? Va-t-il me voir comme quelqu’un de “méchant” ?…”Je vous rassure il est alors normal que ces doutes surviennent, surtout lorsque vous êtes en plein déconditionnement. Toutefois vous n’êtes pas responsables des réactions des autres. Leurs réactions leur appartiennent totalement.

En effet, prendre sur soi la réaction de l’autre, c’est assumer ses responsabilités à sa place et c’est lui enlever son pouvoir personnel. Non seulement vous l’empêchez de l’incarner pleinement mais vous perdez le vôtre. Vous respecter dans vos propres besoins, quelle que soit la réaction de l’autre, c’est être en totale harmonie avec vous-mêmes, c’est être à votre place et laisser sa place à l’autre.